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La collecte ADSL : la place du FAI dans les réseaux

Qu'est ce qu'un FAI ?

FAI pour Fournisseur d'accès à Internet. A FAImaison, nous utilisons le terme de Fabricant d'Accès Internet. Nous sommes constitué en association et de ce fait, chaque membre de l'association participe à la construction du réseau, chacun/chacune à sa manière. L'un des objectifs de est de reprendre le contrôle de ses données et de son réseau.

La collecte chez FAImaison

Actuellement,​ nous fournissons un accès ADSL via de la « marque blanche » chez un autre FAI associatif : FDN.

En effet, nous avons privilégié la marque blanche, car parvenir à faire notre propre collecte ADSL serait difficile en terme de coût et de moyen. Nous nous concentrons davantage sur la fourniture d'accès par WiFi et les possibilités pas FFTH (fibre).

Pour se repérer dans les éléments de la collecte, un schéma hyper simplifié :

Pour fournir des connexions ADSL, FDN s’appuie :

  • d’une part sur de la collecte Nerim (qui exploite les réseaux de Orange et SFR) jusqu’aux logements individuels via in fine la paire de cuivre installée par France Télécom,
  • d’autre part sur de la connectivité Gitoyen pour accéder au reste du Monde.

Partant d'un logement à priori de la région Nantaise, toutes les lignes convergent d’abord vers le NRA, puis passent par des BAS et enfin sur les machines de FDN. Les lignes remontent donc jusqu’à Paris, plus précisément au datacenter Telehouse 2, bâtiment où se trouve de très nombreux réseaux.

Pour le moment, sur l'ADSL, nous ne favorisons pas la décentralisation du réseau, et n'avons pas la main sur les partenaires connectés, en aval et en amont de FDN : réseau de collecte d'un coté, transitaire/point d’échange de l'autre. Par contre, cela permet un accès Internet via FDN, association à taille humaine, avec des velléités éthiques affirmées : neutralité du net, respect de la vie privée, volonté d'essaimage pour promouvoir une structuration saine d'internet, etc.

Comment améliorer notre indépendance ?

  • Concernant le réseau de collecte ADSL, vouloir avoir notre propre réseau de collecte (depuis les NRA) est financièrement complètement hors de portée !
    Sur le blog de spyou :
    « Notez enfin que tant que vous y êtes, si vous avez envie d’avoir une collecte opérateur directe, vous avez tout ce qu’il vous faut. Il suffit de négocier avec SFR ou Orange pour obtenir une porte de collecte et la brancher directement à votre couple LNS/radius. Prévoyez un petit chèque avec 5 zéros et un coût mensuel non négligeable. »
  • En amont, nous pouvons nous rendre indépendant des choix de connexions de FDN, en l’occurrence Gitoyen. Nous pourrions décider d'avoir une autre politique concernant l'attribution des adresses IP que celle de FDN.

    Pour ce faire, il nous faut commencer par découpler la collecte du transit, par exemple en s'appuyant toujours sur la collecte Nérim via FDN mais fournir nous même les adresses IP aux abonnés, via une machine qui nous appartient, et qui est elle même reliée aux réseaux (transitaires, points d'échanges) qu'on a choisis.
    Il nous faut aussi acquérir et gérer un ensemble d'adresse IP qui nous est confié. L'ensemble des adresses IP mondiale est géré par l'IANA, qui délègue cette fonction à 5 RIR, qui eux même délèguent à de multiples LIR, avec qui nous pouvons parler et louer un bloc d'adresses IP.

    On a choisi OpDop comme LIR.
    De plus, il nous faut les machines (pas nécessairement physiques) qui peuvent gérer ça : identification de chaque abonné, distribution d'adresse(s) IP à l'abonné, et communication avec les autres machines du même type qui gèrent les adresses IP des autres réseaux.

AS : Système Autonome

L'ensemble de ce réseau, “notre réseau”, constitué de l'ensemble des machines connectées dont l'adresse IP est gérée par l'association, et qui sait communiquer avec le reste du monde, est un AS ou Autonomous System. Il n'y a aucune notion de topologie physique là dedans, géographiquement, les machines peuvent être n'importe où.

Pour résumer, devenir AS signifie :

  1. gestion de nos adresses IP via le LIR OpDop.
  2. attribution de ces IP à nos abonnés, via un réseau de collecte et un système d'identification.
  3. liaison de nos abonnés identifiés au reste du monde par des opérateurs de notre choix : liens de transit/ point d'échange ou peering.

Pour FDN (et donc pour FAImaison actuellement pour l'ADSL), Gitoyen cumule les fonctions de LIR (délègue la gestion d'IP à FDN), et de connecteur au reste du monde (routeur BGP en lien avec des point d'échange et des transitaires). FDN gère lui le lien entre ses abonnés (collecte via Nerim + identification et attribution d’IP via ses propres serveur radius et LNS) et le routeur BGP de Gitoyen, lui même relié au reste du monde.

Où se situe le FAI ?

Le fournisseur d'accès internet est l'organisme qui peut vous relier à l'ensemble des autres réseaux reliés entre eux (par des FAI pour les particuliers en général, par d'autres intermédiaires pour les entreprises/collectivités).

Une fois relié, vous devenez donc une des parties d'Internet.

Il faut bien voir que l'on ne se connecte pas “au grand Internet” comme on se brancherait vers un tuyaux qui nous distribue de l'eau : une fois relié, notre machine constitue Internet, au même titre que toutes les autres machines reliées. Certes, certaines sont plus visibles que d’autres, qui fournissent des services spécifiques très populaires et paraissent plus importantes que d’autres.

On voit que le FAI vous relie à d'autres réseaux ou machines, l'ensemble constituant Internet. En terme plus technique un réseau est un AS pour Système Autonome.

Un FAI à le choix de plusieurs choses :

  1. comment relie-t-il ses abonnées à lui même ? (traits entre chaque abonné et lui)
  2. comment se relie-t-il au reste du réseaux ? (trait entre lui et le lieu d’interconnexion)

Le FAI est ses abonnés

On parle de “collecte” pour nommer la façon dont l'ensemble des abonnés est relié à son FAI. Actuellement, il y a plusieurs moyens techniques de le faire.

  • Le plus répandu est la collecte ADSL, qui consiste à relier l’abonné et le FAI physiquement, à partir des câbles téléphoniques dont chaque logement a été équipé par France Télécom. Dans le NRA chaque câble est relié au FAI qui va bien.
  • L'autre moyen qui se repend est la collecte fibre. Le principe est globalement le même que pour l’ADSL sauf que nous remplaçons la paire de cuivre de France Télécom par une fibre optique. Le principal intérêt de cette technologie est de s’affranchir des fortes pertes sur la ligne téléphonique. En effet, plus vous êtes éloignés du NRA, plus votre débit va baisser.
  • Il existe aussi de la collecte WiFi : chaque abonné dispose d'une antenne WiFi qui est reliée par onde à une autre antenne qui appartient directement au FAI. On parle de WiFi, mais la puissance utilisée est bien supérieure à ce que vous avez chez vous afin d’avoir une portée supérieure qui peut aller jusqu’à plusieurs kilomètres.

Le FAI et les autres réseaux

Pour se relier aux autres réseaux qui constituent Internet, et donc y relier l'ensemble de ses abonnés, un FAI peut se connecter à plusieurs endroits, où arrivent d'autres réseaux / FAI comme lui, qui sont eux mêmes connectés à d'autres endroits où sont connectés d'autres réseaux, et ainsi de suite.

  • Des entreprises sont spécialisées là dedans, et proposent de ce connecter à leur réseau qui donne accès à tous les autres réseaux qui existent, bref, un accès à tout l'Internet.
    Ils disposent donc de machines reliées entre elles dans tous les points d’interconnexions dans le monde entier.
    On les appelle des transitaires, s'y connecter est payant.
  • Il est aussi possible de relier plusieurs AS ensemble par la méthode du peering. Dans ce cas les deux réseaux sont directement reliés entre eux sans passer par un intermédiaire. Pour que tout fonctionne il faut que les deux réseaux soient physiquement reliés entre eux (en général ça se passe dans un DC ou les deux parties sont présentes), qu’ils échangent leurs routes (en général via le protocole BGP et bien sûr qu’il y ait un accord pour cette liaison.

Notons qu'il est souhaitable d'avoir plusieurs liens vers d'autres réseaux, afin que si un réseau dysfonctionne, d'autres prennent le relais : la redondance permet une meilleur résilience. Il parait donc souhaitable que de multiples points d’interconnexions existent.

De plus, sans parler de l'aspect de résilience du réseau, la multiplicité de ces points permet de conserver une échelle locale, et des interlocuteurs « locaux ». Ceci permet un gain en humanité et un poids décisionnel plus important concernant des décisions techniques ou autres.

L’intérêt d'un FAI « local » consiste donc

  • d'une part à adapter la collecte à l'endroit qu'il dessert, typiquement dans les zones où l'ADSL n'arrive pas le Wi-Fi peut fournir un accès Internet haut débit ;
  • mais aussi à choisir ses interconnections avec les autres réseaux, sur des critères qui lui sont propres (coût, éthiques, …) ;
  • à développer des points d’interconnexion locaux, ce qui permet de contribuer à une structuration saine d'internet. Il s’agit de la décentralisation, c’est à dire dans le cas de la France d’éviter que tout remonte systématiquement à Paris.
  • autres chose ?

Sources

projets/collecte.txt · Dernière modification: 2016/11/29 14:52 par cecile